Jeudi 3 mai = Ciné Club (ouvert à tous)

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Jeudi 3 mai = Ciné Club (ouvert à tous)

Renié par sa noble famille à cause de la mésalliance de sa mère avec un roturier, privé de sa part d'héritage, Louis Mazzini d'Ascoyne exécute méticuleusement la sombre vengeance qu'il a imaginée. Il assassine huit membres de la famille d'Ascoyne, se frayant un chemin jusqu'au titre de duc de Chalfont. Les méthodes qu'il emploie révèlent sa personnalité machiavélique et sombrement calculatrice. A force de patience et d'ingéniosité, il décroche la couronne ducale. C'est alors qu'il est arrêté pour un crime qu'il n'a pas commis...

RASSUREZ-VOUS = La version proposée le 3 mai sera sous-titrée en français !

Genre : comédie satirique.

"~Kind hearts are more than coronets, And simple faith than Norman blood~" («~De bons cœurs valent mieux que des couronnes, et une simple foi plus que tout le sang normand~») : ces vers de Tennyson donnent son titre original à Noblesse obligeKind hearts and coronets. De bon cœur, le jeune Louis n’en manque certes pas lorsqu’il décide de décimer avec un  flegme imperturbable la famille D’Ascoyne. Derrière ces terribles (mais très civils) agissements, les scénaristes Robert Hamer et John Dighton s’en donnent à cœur joie pour créer l’une des plus savoureuses des comédies noires du studio Ealing et l’occasion de voir Alec Guinness dans huit rôles différents...

Malheur soit sur la famille D’Ascoyne ! Coupables d’avoir négligé une fille de la famille dont les agissements avaient quelque peu froissé le sens des convenances de la digne famille, la fratrie se voit devenir la victime du fils de celle-ci, Louis Mazzini, qui ne dédaignerait pas de dérober le titre de famille, pour séduire la volage et intéressée roturière Sybella. Louis, doué d’un sens parfait de l’étiquette et d’une imagination diabolique, se met donc en devoir d’éliminer toutes les branches de la famille : le jeune héritier, la tante excentrique, le vieux Lord, le banquier de la famille, l’ecclésiastique… 

Difficile de croire que le film date de 1949. En effet, sous des dehors de comédie jubilatoire, Noblesse oblige est une charge d’une efficacité redoutable contre l’aristocratie anglaise. C’est avec une horreur toujours bienveillante, un sourire méchant toujours plus prononcé, que nous suivons le parcours de Louis. Robert Hamer, à la réalisation, partage ce point de vue, et contemple avec une bienveillance amusée les exactions de son héros, dans une mise en scène d’une rare élégance, servie par un somptueux noir et blanc; un film dont la finesse et la méchanceté en remontrent aux plus subversifs des films contemporains.

Le scénario n’épargne personne : Louis est un meurtrier multirécidiviste, doublé d’un épouvantable goujat ; les femmes sont soit manipulatrices à l’extrême, soit naïves, soit les deux ; les D’Ascoyne sont une famille d’une désolante isolation vis-à-vis du monde, oublieux d’un peuple qui ne demande qu’à voir couler le sang de ces aristocrates. Le crime paie et Louis s’approche toujours plus de son but, avec les encouragements enthousiastes des amateurs de l’humour très noir de Noblesse oblige... 

La critique complète de Vincent Avenel / Critikat.com    ici 

 

 

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